Terroir

Tous les auteurs s'accordent sur la constitution du sol nécessaire à l'obtention du Château-Chalon. Le caractère particulier de ce vin est en partie donné par les marnes gris-bleutées du Lias agrémentées du cailloutis provenant des falaises supérieures, aidant au réchauffement du microclimat et à une meilleure maturation du raisin.

L'altitude de la bande marneuse varie de 250 à 400m. L'orientation des pentes autorise une exposition privilégiée (Sud/Sud-Ouest) et une protection optimale des vignes.
Toutes les pentes incluses dans l'aire comprise entre la route départementale 205 au Nord jusqu'à l'entrée Nord-Ouest de Nevy-sur-Seille au Sud, reçoivent une quantité à peu près équivalente de calories du levant au couchant. L'abri constitué par les falaises dominantes protège le vignoble des vents du Nord et de l'Est.
Il en résulte que les combes profondes conservent la chaleur longtemps après le refroidissement des terres environnantes.

L'aire de production du Château-Chalon est très limitée sur les 4 communes (Ménétru-le-Vignoble, Domblans, Château-Chalon et Nevy-sur-Seille) et les surfaces actuellement plantées en savagnin sont de 50 hectares avec une production annuelle moyenne de 35 hectolitres par hectare sur les 15 dernières années.

Les vignes toutes en côteaux et pour la plupart à très forte pente (certaines atteignent 45 %) obligent les vignerons à des prouesses : travail à la chenille, remontage de la terre, façonnage de terrasses... Un aménagement foncier commencé en 1977 a apporté de nombreuses améliorations par la canalisation des eaux et la réalisation de chemins.

***

Appellation

Malgré les difficultés de tous ordres auxquelles durent faire face les vignerons de la région, ces derniers constituèrent en date du 14 mai 1933, le Syndicat des Producteurs de Château-Chalon. C'est alors que, soucieux d'appliquer une politique de qualité, ils firent preuve de discipline en faisant prendre aussitôt, dans le cadre des appellations d'origine, le décret relatif à Château-Chalon en date du 31 mai 1936. Ils acceptaient ainsi que leur soient imposés une délimitation stricte de l'aire de production, le cépage, un degré potentiel à la vendange minimum de 12°, toutes conditions indispensables pour l'obtention de la qualité. L'avenir devait leur donner raison.

Afin que soient requises au maximum toutes les conditions assurant à ce vin de haute classe, qualité et finesse, les vignerons ont compris la nécessité de faire procéder chaque année, avant la récolte, à un contrôle officiel et sévère du vignoble.

Dès 1952, une commission a été constituée sous la haute autorité de l'Institut National des Appellations d'Origine Contrôlée avec le concours de la Direction Départementale de l'Agriculture, du Laboratoire Départemental d'Analyses Agricoles de Poligny, de la Chambre d'Agriculture, du négoce et de de la profession. Aussitôt achevée la récolte des cépages autres que le savagnin, cette commission a pour tâche de visiter toutes les vignes susceptibles de bénéficier de l'appellation.

Dans chaque parcelle, elle procède aux contrôles suivants :
• elle constate la présence exclusive du cépage savagnin
• elle évalue l'état sanitaire de la vendange
• elle octroie le bénéfice de ladite appellation si le degré potentiel minimum (12°) est requis
• elle arrête la date d'ouverture ou "ban des vendanges" si toutes les conditions de sélection et de qualité sont requises
• elle prononce parfois le déclassement total (récolte 1974, 1980, 1984,2001) ou partiel (récolte 1993)
• elle arrête les sanctions individuelles si nécessaire

***